COL TEMPO

 

De l’automne 2014 à l’été 2015, j’effectue un travail documentaire sur les œuvres picturales et architecturales de la Renaissance Vénitienne, dont je dessine des fragments au format 18x26cm.

Par amour pour ces œuvres, pour cette période, pour Venise.

 

En septembre 2015, je passe 1 mois en « résidence » à Venise.  Sur place, je dessine des objets, souvent modestes,  des éléments de décors, des fragments de façades, saisis sur les traces des nombreux artistes qui ont vécu et travaillé ici, dans ces petites rues du Venise intime, qui ont si peu changé.

J’associe enfin ces dessins issus du Venise d’aujourd’hui, à ceux des fragments d’œuvres déjà exécutés.

 

A mon retour à Lyon, j’engage la dernière étape de ce processus, l’agrandissement par digigraphie aux formats 50x70 et 70x100cm. Ce procédé de reproduction opère un double mouvement, à la fois de mise à distance du dessin original mais aussi de révélation de la dynamique qui a accompagné sa réalisation. Sur ces dessins agrandis, je dépose enfin des matériaux légers et diaphanes. Tout en cachant/dévoilant le lieu même du dessin, le tissu, les fils et rubans offrent leur velouté, leur sensualité. Ils enveloppent, et donnent chair à l’évidence d’une reconstruction.

Celle d’un espace intérieur révélé. 

 

 

L’objectif premier de cet ensemble de dessins est né d’une volonté de susciter des rencontres.

Entre passés et présents. Entre des œuvres admirables et de modestes éléments collectés sur le lieu même de leur réalisation, particulièrement préservé par le destin unique de l’histoire vénitienne.

Ces dessins s’appuient sur un lent travail d’observation attentive. Leur facture veut s’abstenir de tout lyrisme pour laisser toute sa place à l’émotion qui peut naître des rencontres ainsi proposées.

Alors, peut surgir l’instant soudain et lumineux.

L’instant épiphanique.                                                                                                                                                                    

C. Célarier